Le président Nicolas Sarkozy a annoncé ce jeudi, à Montrichard, le coup d'envoi de son fonds stratégique
français. Celui-ci fait partie intégrante de la nouvelle politique de relance du président de la République. Afin de préserver le capital des entreprises françaises contre les raids financiers
étrangers, soutenir le financement des entreprises en difficulté qui n'ont plus accès au crédit. Puisque les banques «ne vous financent pas, nous le ferons, pour que vous soyez plus
offensifs !», a déclaré Nicolas Sarkozy devant les employés de l'entreprise Daher.
Ce fonds souverain à la française se dote de 20 milliards d'euros, dont 14 milliards de participations déjà
existantes de l'État dans des sociétés françaises, et de 6 milliards d'apports en numéraire en provenance de la CDC et de l'État, qui feront appel à la dette pour ce montant. Une première pour un
fonds d'État dans le monde, qui est obligeé de s'endetter lors de sa création. Parmi les 14 milliards de participation, on retrouve, selon Le
Figaro, 7 milliards qui correspondent à des participations minoritaires de l'État dans des sociétés françaises (Renault, Safran, Thales…) et 7 autres qui correspondent à des
participations déjà détenues par la CDC (Accor, Veolia, Alcatel Lucent…), sauf celles dans CNP et Dexia.
Objectif principal de ce fonds : investir dans des PME à forte croissance, qui n'ont plus accès au
financement sur le marché ; ou des entreprises stratégiques dont le capital est menacé par des investisseurs étrangers.
Première opération de ce "fonds stratégique d'investissement"(FSI) sera dans l'entreprise Daher, qui est
équipementier français spécialisé dans l'aéronautique et l'automobile, en participant à la prochaine augmentation de capital de 85 miliards d'euros.
Ce fonds sera présidé par le chef de la Caisse des
Dépôts et Consignation, Augustin de Romanet, avec un conseil d'orientation, présidé par Jean-François Dehecq, chargé de déterminer les stratégies d'investissement.
Contrairement aux autres fonds souverains dont le but est de rentabiliser les réserves financières dans des
participations étrangères ; le français vise à protéger son économie. Un fonds souverain français qui essaye, avec seulement 20 milliards d'euros, dont 6 milliards en "cash", de rivaliser avec
les grands fonds de ce monde(voir le classement des fonds souverains). Un fonds aux moyens financiers très limités, qui
est plus politique que stratégique.
En créant un fonds d’État français, Nicolas Sarkozy espère rassurer la population française contre les
attaques étrangères des fonds souverains du Moyen Orient et d’Asie sur nos entreprises stratégiques, quelle est la définition exacte de l’aspect stratégique d’une société ? Le chef d’état
profite de la situation de crise financière et économique pour créer le fonds souverain dont il a toujours rêvé pour rivaliser avec les puissants fonds, mais dont la France n’a effectivement pas
les moyens financiers.